Agora de la danse, 4, 5, 6, 7 décembre 2003.
Chorégraphe : Michèle Rioux
Musique : Maxime Rioux
Vidéographie : Marie-Hélène Parant et Michèle Rioux
Danseurs: Ann Bruce Falconer, Martin Faucher, Karsten Kroll, Catherine Lalonde, Maya Ostrovsky, Isabelle Poirier, Geneviève Rioux, Michèle Rioux et Guy Trifiro.
La Presse
Arts et spectacles, samedi, 6 décembre 2003,
p. ARTS & SPECTACLES19
Critique
Danse
La boule de cristal de Michèle Rioux
Brody, Stéphanie
La chorégraphe montréalaise Michèle Rioux réunit dans Time Out un magnifique groupe de danseurs et de
comédiens-bougeurs, soit les danseurs Anne Bruce Falconer, Karsten Kroll, Maya Ostrofsky, Isabelle Poirier et Catherine Lalonde, ainsi que le comédien et metteur en scène Martin Faucher et les comédiens Geneviève Rioux et Guy Trifiro.
L'oeuvre se décline en une suite de solos, à la fois amusants et intenses, qui s'enlacent les uns dans les autres à la manière d'une chaîne. Règle générale, chacun interprète entre en scène juste au moment où le solo d'un autre danseur se termine, s'entremêle quelque temps avec son collègue, avant de se retrouver seul en piste.
Bien que Time Out porte en elle cette idée de transmission et de contact entre les corps, l'oeuvre est d'une facture des plus éclatées, progressant par soubresauts. La cadence est ainsi morcelée, s'arrêtant parfois nette pour repartir de plus belle, passant de la langueur absolue à une énergie nerveuse et vive en un quart de tour.
Mais ce qui donne à l'oeuvre toute sa saveur, ce sont vraiment les suaves projections vidéo, conçues par Marie-Hélène Parant et manipulées en direct par Michèle Rioux elle-même, qui viennent se superposer en quasi permanence aux danseurs en mouvement. Chaque corps se trouve donc en quelque sort enchâssé au coeur d'images mouvantes et chatoyantes qui sont projetées en une sensuelle forme sphérique aux allures de boule de cristal, tant en fond de scène que simultanément au sol, au centre du plancher. Parfois, l'ombre d'un corps capté en direct, viendra se superposer au kaléidoscope de couleurs et de textures, tel un fantôme. Parfois les couches sont tellement nombreuses qu'elle provoque une surcharge des sens chez le spectateur.
Malgré quelques temps morts et quelques détours moins
intéressants, Time Out est une oeuvre sinueuse et badine qui amuse autant le spectateur qu'elle le séduit.