Une histoire en quête d'un personnage à définir ...
Chose est dans un état de latence et il évolue au sein d'un univers en constant développement. À priori, Chose n'a pas d'univers intérieur, il est aussi vide et vain que le néant qui l'entoure et donc vulnérable à l'envahissement destructeur de forces contraires. Tout son univers est dualité, il expose la bipolarité, ou multipolarité, intrinsèque à son personnage, campé entre le réel et l'imaginaire, entre l'esprit et la matière, entre l'art et la survie physique, entre des forces identitaires qui se bousculent en lui pour s'élever, pour s'incarner et triompher. Ce triomphe ne pouvant se réaliser que dans l'acceptation des dualités et dans l'harmonisation de ces énergies sous l'autorité de la conscience.
Acte 1
Scène 1 : Prélude
Chose est représenté comme issu d'un paysage marin, né de l'écume de la mer et du chaos initial. C'est un univers à la fois réel et onirique qui s'estompe pour laisser place au vide. Chose semble vivre un quotidien qui lui échappe, qu'il ne perçoit pas, non pas qu'il soit inexistant mais c'est un quotidien qui s'efface devant la difficulté du personnage à se lier au monde, à s'y incarner.
Acte 1
Scène 2 : À quelque part
L'Ange, force géante (projection 3 fois la taille de Chose) et immatérielle, fait son entrée. Elle se manifeste sous diverses formes. Tout à la fois manifestation non linéaire du passé, du présent et de l'avenir, elle est de toutes les époques.
Acte 1
Scène 2 : À quelque part , suite
Possiblement propre expression intérieure de Chose qui se met en branle et vacille, l’Ange tente de rejoindre l'artiste et l'homme. L'Ange apparaît à Chose comme une force qui s'impose, d'une façon de plus en plus envahissante. Dans cette contraignante demeure mentale, Chose, progressivement envahi et divisé par cette intrusion, se démultiplie et s'extériorise par des représentations indéfinies.
Acte 1
Scène 3 : Roi douleur fini
La situation s'amplifie et se complexifie à l'extrême. L'Ange tient la tête de Chose et lui souffle à l'oreille. Un double de Chose est de plus en plus présent et dissocié de sa source, il est complètement possédé par la voix (et les projections) de l'Ange. Le « double » fait des gestes à l'envers de Chose. Une masse informe, grouillante, s'impose en-dessous de lui. De cette masse informe se détache un nouveau personnage, l'Hombre.
Scène 4 : Ce que j'ai - mouvement lent
L'Hombre est l'incarnation de cette matière, force brute indomptée, sans entraves. La structure de l'espace total se compose de plusieurs foyers d'action picturale (anti-euclidien) avec ses 3 parties simultanément actives, il est distorsion de l'espace et oppression. Chose, en transe, dessine des formes dans l'espace, clarifie ses projections. Ces formes, de plus en plus humaines, s'imposent comme des auto-portraits.
Acte 2
Scène 1 : Dans ma tête
On assiste alors à l'aboutissement destructeur et irréversible des forces en présence dans la scène 3 de l’acte 1. Les projections de Chose illustrent la matière inanimée. L'Hombre carrément menaçant flirte avec de séduisants outils de destruction en soulignant la dualité vécue par Chose. L'Ange alimente et orchestre le conflit. On assiste alors au suicide de Chose, victime impuissante de la représentation symbolique de ses propres conflits (l'Ange et l'Hombre).
Scène 2 : Dans ma tête
L'Ange maintenant de taille humaine intervient physiquement dans l'environnement naguère occupé par Chose qu'elle cherche partout. Elle ne trouve qu'une machine à vent (Héliophone) qu'elle actionne en chantant « je suis froide comme le vent ».
Acte 2
Scène 3 : Dans ma tête
Subitement comme brisé, tout le dispositif musical, scénique, s'arrête tragiquement.
Epitaphe
Plongeant la scène dans l'obscurité. Il ne reste plus que quelques ondes rouges légèrement dessinées par projection dans l'espace surdimensionné occupé auparavant par l'Ange. L'Ange chante un air épitaphe (« la musique enterre ici un riche trésor et des espoirs encore plus beaux .»)
Scène 4 : Dans ma tête
La musique qui était entendue lors de la rupture de la scène précédente reprend de plus belle d’une façon redondante. Elle s'achève sur un ballet des sous-personnages de la masse informe, les bouchers, terminant les restes du massacre, les dernières projections de Chose, ses dernières « oeuvres ».
Acte 2
Scène 5 : L'Hombre dans ma tête
On entend alors plus brièvement et pour une dernière fois la même musique mais cette fois-ci interprétée d'une façon ironique par la voix triomphante de l'Hombre. Simultanément comme dans un autre monde, le corps de Chose baigne dans une masse liquide. Son corps est brisé par la rythmique scandée des fluides. Il émerge et disparaît puis revient comme dans un chaos. De ce tourbillon qui inverse les valeurs, son corps est divisé et retourné à l'état cellulaire.
Acte 3
Scène 1 : L'escalier de l'Hombre
Alors que se prolonge la séquence aquatique de la scène 5 de l'acte 2, l'Ange décide de renverser l'inéluctable conséquence de l'acte 2, et rejoins Chose dans l'espace où il est captif et qui occupe maintenant tout l'espace visuel.
Difficilement, leur corps décapités se cherchent dans les profondeurs abyssales.
Scène 2 :
Une immense vague traverse l'espace et se brise, favorisant à la fois leur retour dans la réalité et découvrant le paysage marin initial de l'acte 1.
Acte 3
Prologue:
Chose, l'Ange et l'Hombre sont réunis sur scène symbolisant une réunification harmonieuse des forces jadis opposées. Chose reprend ses gestes de représentation et peint la lune dans laquelle sont symboliquement unis l'Ange et l'Hombre. Les deux personnages sous la gouverne de Chose, resté sur scène, s'avancent respectivement dans les travées droites et gauches de la salle. Déroulant derrière eux de longues traînes sur lesquelles sont projetés les emblèmes images de leurs énergies respectives. L'Ange, en guise d'offrande, une dernière fois, chante pour le public.